Mobilité piétonne Genève, PRO VELO Genève, l’ATE Genève et actif-trafiC, ont invité la presse sur un îlot piéton de la rue Chantepoulet le 5 juin 2026 pour célébrer les dix ans du vote sur la LMCE (Loi pour une mobilité cohérente et équilibrée). L’occasion aussi d’évoquer les 15 ans de la Loi sur la mobilité douce (LMD), acceptée par la population genevoise en mai 2011. À Genève, les mesures pour la mobilité durable avancent trop peu et trop lentement.
Le 5 juin 2016, la population genevoise acceptait en votation populaire la Loi pour une mobilité cohérente et équilibrée (LMCE). Cette loi, issue d’un assez large compromis, visait à donner un nouveau cadre global pour la mobilité genevoise en privilégiant la voiture à l’extérieur des villes et sur la “moyenne ceinture routière” (ceinture urbaine) tout en priorisant les transports publics et les mobilités actives dans les centres urbains du canton. En complément, l’application de la LMD aurait dû voir la mise en place d’un réseau cyclable structuré, continu et sécurisé couvrant l’ensemble du territoire de l’agglomération.
Dix ans après, un constat s’impose: la mise en œuvre de cette loi se fait réellement à deux vitesses. Pour le versant “routier” de la LMCE, force est de constater que la “ceinture urbaine” a largement avancé dans les faits: signalétique, aménagements et nouveaux ouvrages tel le tunnel des Nations. Par contre, les mesures visant à apaiser le trafic dans les zones I et II se font pour l’essentiel toujours attendre.
Pour les aménagements en faveur des piétons, une avancée a pu être constatée en matière de planification et de concertation mais les freins à la mise en œuvre demeurent, qu’ils soient institutionnels ou financiers.
La priorisation des flux piétons aux carrefours reste toujours une épine dans le pied de la mobilité piétonne à Genève, pourtant le principal mode de déplacement en ville. La traversée des carrefours devrait être cadencée sur le pas des piétons et non sur la vitesse des flux automobiles.
Pour les déplacements à vélo, malgré l’acceptation de l’initiative 144 qui, elle, fête ses 15 ans (le vote a eu lieu le 15 mai 2011), le réseau cyclable genevois est loin d’offrir la continuité et la sécurité nécessaires pour permettre aux nombreuses personnes qui craignent pour leur sécurité à vélo d’oser franchir le pas. La LMD (Loi sur la mobilité douce) qui résulte du vote de 2011 – marginalement amendée par la LMCE – n’est donc toujours pas respectée. La plupart des axes primaires et secondaires du Canton ne comptent toujours pas d’aménagements cyclables sûrs et continus mais présentent l’image d’un réseau en traitillé peu engageant (voir illustration plus bas).
Il est pourtant facile de constater que dès que des aménagements cyclables de qualité apparaissent, les Genevois-e-s les adoptent rapidement et avec plaisir. Les améliorations sur les quais de la rade (même le U cyclable est encore incomplet), la voie verte ou les pistes cyclables apparues dans différentes villes du canton le montrent bien.